Un processus lent et complexe
Le deuil est un processus long et complexe. Il est très variable selon les individus. Mais c'est un passage obligé pour se projeter à nouveau dans la vie. Cependant le chagrin ne se soigne pas en quelques jours. Il ne se soigne pas comme un mauvais rhume ou une banale infection. On n’oublie pas la « mort » si facilement. Il faut du temps pour l’accepter. (D’après une étude effectuée récemment en France seulement 16% des personnes endeuillées déclaraient avoir terminé leur travail de deuil un an après le décès qui les avait touchées. 42% affirmaient encore ressentir des émotions 5 ans après.)
Un désintérêt pour le monde extérieur
Après le choc de la perte (un deuil, une séparation, la perte d'un travail) une période, souvent marqué par un désintérêt profond pour le monde extérieur, va s’installer. Il est normal à ce moment de se sentir « submergé ». Il est normal de ne pas savoir comment réagir. A ce moment nous sommes partagés entre la peur d’accorder trop d’importance à nos ressentis ou au contraire de les prendre trop à la légère. Cette période est plus ou moins longue. Chacun traversant le deuil à sa manière, selon son propre rythme. Ce n’est ni rationnel, ni prévisible.
Ne pas rester "Isolé"
Cependant pour certaines personnes ayant des antécédents anxieux ou dépressifs ce travail peut être extrêmement ralenti. Dans de nombreux cas des idées suicidaires vont prendre racine dans le vide insupportable engendré par le départ de l’être cher. L’isolement, la précarité sont aussi des freins au travail de deuil. Il ne faut donc pas hésiter à demander de l’aide dans ce moment particulier que chacun d’entre nous est amené à rencontrer. Et c'est particulièrement important en cas d’idées noires envahissantes. Bien entendu l’entourage est important dans ce moment particulier. Rester seul face à la perte n’est pas conseillé. Mais les proches sont parfois démunis parce qu’ils ne savent pas quoi dire face à la mort. Et d'ailleurs y aurait t'il quelque chose à en dire ? L'entourage est aussi parfois maladroit dans son désir généreux de vouloir que la personne endeuillée « oublie » le plus rapidement possible.
Faire son deuil n'est pas oublier
En effet faire son deuil ne signifie pas oublier la personne disparue. Au contraire il est nécessaire de respecter le besoin, parfois impérieux, que la personne en deuil a de parler « encore et encore » du ou de la disparu(e). En effet c’est paradoxalement en parlant de la personne qui nous a quitté qu’il devient possible de lui donner une nouvelle place dans notre mémoire. Lui donner une place qui va nous permettre de nous projeter à nouveau dans notre vie.
